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La malédiction du gars qui écrit des histoires de fessée sans le savoir.


Copyright on this story text belongs at all times to the original author only, whether stated explicitly in the text or not. The original date of posting to the MMSA was: 02 Aug 2007


Tout a commencé un jour de vacances d'été, quand j'avais dix-huit ans. Comme tous les matins, je vérifiai si je n'avais pas reçu de nouveaux E-mails. Ma boite de réception m'indiqua deux messages non lus. Je fus intrigué par leurs intitulés. Le premier avait pour titre « AFH : histoire approuvée ». Je l'ouvris et lus son contenu :

« Votre histoire « Ma vie en fessées : partie 1 » a été lue et approuvée par notre équipe. Elle est maintenant disponible sur le site des Archives de la Fessée entre Hommes à cette adresse... ».

Je fus tout d'abord interloqué, puis je me dis que ce devait être une erreur, voire un spam particulièrement bizarre. Le deuxième message venait d'un certain « Vilain-garçon2000 » et avait été redirigé depuis le même site que le précédent. Je l'ouvris à son tour et lus :

« Ce message a été envoyé par un lecteur depuis le site des Archives de la Fessée entre Hommes à l'auteur: Webman.

C'est nul. Il n'y a rien dans cette histoire ! Tu devrais arrêter l'écriture.

 Vilain-garçon2000 ».

J'ai froncé les sourcils en lisant ça. Non pas que le commentaire de ce Vilain-garçon2000 m'ait vexé, mais l'auteur à qui il s'adressait utilisait le même pseudo que moi sur Internet... Plus qu'intrigué, je rouvris le premier message et cliquai sur le lien menant au site. Une page s'afficha, sur laquelle un texte m'informait du contenu interdit au moins de dix-huit ans. C'était bien ma chance ! Quelqu'un utilisait mon pseudo et mon adresse sur un site dédié à la fessée ! Je confirmai mon âge et entrai. Une nouvelle page s'afficha : en haut, en gros, s'étalait « Les Archives de la Fessée entre Hommes » (en abrégé : AFH), encadré de dessins stylisés de bonhommes recevant une fessée. C'était assez moche, en fait. Les illustrations variaient tout au long de la page. Le site hébergeait apparemment plus de 10 000 histoires de fessée, écrites par des tas de gens que ça intéressait. Je cliquai sur la section « Liste des auteurs ». Après quelques instants, je me rendis à l'évidence : quelqu'un écrivait sous mon pseudonyme, Webman. Par curiosité morbide, j'affichai la liste des histoires de cet auteur. Une seule, pour le moment : « Ma vie en fessées – partie 1 ». Sur la droite s'alignaient diverses icônes. En passant le curseur sur eux, je pus lire : « discipline domestique » (dessin d'une maison), « discipline entre frères » (même dessin, mais avec un B à l'intérieur), « inversion des rôles » (dessin de deux flèches allant dans deux directions opposées), « instrument utilisé : main » (ben...dessin d'une main). Bon, à défaut d'être beau, ce site avait au moins l'air bien organisé. Je cliquai sur l'histoire de ce Webman et changeai de page. Sous un court texte en italique rappelant les lois sur les droits d'auteur, je parcourus une histoire écrite dans un style abominable, parsemée de fautes d'orthographe. Je fus tout de même saisi par cette lecture : l'auteur décrivait exactement la maison où je vis, ses habitants, mes activités, et même certaines de mes pensées récurrentes ! J'étais sidéré. L'histoire racontait comment un jeune homme de dix-huit ans portant mon nom se faisait fesser par son petit frère de douze ans. Cependant, la narration était tellement imprécise qu'au final, je n'eus aucune idée de comment une telle chose arrivait. Tout en bas du texte, le site proposait un lien pour envoyer un E-mail à l'auteur. Je réfléchis quelques instant et décidai d'envoyer un message tout simple, juste pour voir si c'était bien moi qui le recevrais. Quand j'eus terminé, j'entendis des pas dans l'escalier menant à l'étage. Je sortis rapidement du site. Je n'avais aucune envie que mes parents me voient surfer là-dessus ! Je ricanai en repensant à l'histoire que j'avais lu : comment quelqu'un pouvait-il se laisser fesser par un gamin ? Au moins, l'auteur avait fait une erreur s'il essayait de raconter ma vie : je suis fils unique !

C'est lorsque la personne qui descendait l'escalier est apparue que ma vie est tout d'un coup devenue un vrai foutoir. Se frottant des yeux encore ensommeillés, portant un pyjama rayé, les cheveux décoiffés, un garçon d'environ douze ans se dressait dans l'encadrement de la porte. Il bailla et me dit :

« Salut, frangin ! Tu as bien dormi ?

_ Heu, oui... mais qui es-tu ?

_ Qui tu veux que je sois ? ».

Sur ces mots, il partit à la cuisine et ouvrit le frigidaire. Tandis qu'il fouillait dedans, je remarquai que ce petit me ressemblait énormément. C'était presque une version plus jeune de moi-même ! Je me levai de devant l'ordinateur et allai parler au garçon.

« Non, sans rire, tu viens d'où ?

_ De ma chambre, tiens !

_ Je veux dire... tu n'habites pas ici ! Je l'aurais remarqué, depuis le temps. ».

Il referma violemment la porte du frigo et me foudroya du regard.

« Tu me fais encore une blague ? Je comprends rien à ton humour.

_ Je ne plaisante pas ! Qui es-tu ? Et comment es-tu arrivé ici ?

_ Je suis ton frère et je suis arrivé comme toi : grâce à Maman !

_ C'est impossible ! Je n'ai pas de frère ! ».

Je regrettai aussitôt mes paroles en voyant l'expression blessée du gamin. Mais bon, ce n'était que la stricte vérité, après tout ! La peine fit place à la colère sur le visage de mon « petit frère » :

« Tu n'es vraiment qu'un blaireau ! Pourquoi t'es pas sympa avec moi ? Si c'est une blague, elle n'est vraiment pas drôle, en tout cas !

_ Hé, calme-toi !

_ J'en ai marre que tu racontes ces conneries ! s'écria-t-il en avançant vers moi. Je suis ton frère, que tu le veuilles ou non ! ».

Il m'agrippa le poignet et m'entraîna à sa suite dans le salon. Je fus stupéfié par la force de cet enfant maigrichon, dont j'essayais en vain d'échapper à la poigne de fer. Il s'assit sur un fauteuil et me jeta en travers de ses cuisses d'une simple traction. J'essayai de me relever, mais il me plaqua sur ses jambes d'une seule main. De l'autre, il défit ma ceinture et baissa mon pantalon.

« Je suis désolé d'en arriver là ! Je t'aime beaucoup, grand frère, et c'est pourquoi je dois te punir...

_ C'est quoi ce délire ?!?

_ Je vais te donner une fessée, comme ça tu n'oublieras pas que c'est très vilain de nier notre parenté !

_ Je ne sais pas qui tu es, morveux, mais tu as intérêt à me lâcher vite fait ! grondai-je.

_ Tu n'arranges pas ta situation, tu sais. », dit-il en baissant mon caleçon.

Je ne compris rien à ce qui était en train de m'arriver, jusqu'à ce que le garçon m'applique la première tape retentissante de sa fessée. Je ressentis à nouveau sa force phénoménale, mais de manière différente. Je criai, à la fois de surprise et de douleur. Mon derrière piquait et brûlait à l'endroit où sa main avait frappé. Une deuxième claque tomba presque aussitôt. Mon « petit frère » maintint une cadence infernale pendant toute la durée de ma punition. Je remuai follement des jambes et me tortillai dans tous les sens pour lui échapper, mais c'était inutile, et je dus attendre la fin cuisante de cette correction fraternelle.

« Voilà. J'espère que ça te servira de leçon. Va dans ta chambre, maintenant ! ».

Dans un état second, je lui obéis. Je me massai les fesses tout en remontant l'escalier. A la quatrième marche, je me reconnectai enfin à la réalité. Je descendis quatre à quatre et fouillai le salon du regard. Le petit garçon avait disparu. Plus aucune trace de lui ne subsistait dans la cuisine non plus, ni même dans aucune autre pièce de la maison. Seule la douleur de mes fesses me rappelai sa présence, il y a quelques secondes à peine. Tandis que je réfléchissais, l'ordinateur émit un son que j'avais associé à « nouveau message reçu ». J'ouvris ma boîte mail : le message que j'avais écrit depuis le site venait de me parvenir...

Le lendemain, je pensai avoir été victime d'une blague. Ou encore d'avoir respiré des gaz hallucinogènes, c'eut été tout aussi improbable... Je reçus un nouvel E-mail dans la journée : le mystérieux Webman avait pondu la deuxième partie de son histoire et le site de l'AFH venait me prévenir qu'elle avait aussi été acceptée. Comme il n'y avait personne à la maison, je suivis le lien vers ce nouveau chapitre. Cette fois-ci, les icônes annoncèrent une fessée à la main, puis à la baguette de bois, le tout dans un cadre non-domestique. Le récit était toujours aussi mal écrit. Ce fut difficile de décrypter un style tellement affreux, mais je compris finalement que le héros (donc, moi) recevait une violente fessée administrée par... un gorille. Peut-être l'auteur voulait-il désigner par-là un homme très musclé ? Les évènements de la veille me laissaient cependant suspicieux. Si un frère que je n'avais jamais eu était apparu, alors pourquoi pas un véritable singe de la jungle africaine ? Mon esprit logique (qui allait être bien malmené pendant les jours suivants) me dit alors de ne plus m'inquiéter. Il était scientifiquement impossible qu'une histoire puisse prédire un évènement futur ! Oui, ce qui s'était passé la veille avait sûrement une explication sensée. J'aurais juste voulu savoir laquelle...

Dans l'après-midi, ma petite amie m'appela sur mon portable. Elle désirait faire une promenade à mes côtés, pour profiter du beau temps. J'acceptai avec joie et nous nous retrouvâmes bientôt dans les rues, flânant au gré de nos envies. En passant devant le zoo, ma compagne voulut entrer. J'eus quelques réticences : je savais qu'on pouvait trouver un couple de gorilles à l'intérieur. Malgré tout, je la suivis. Nous passâmes devant les animaux en captivité. Ma petite amie les plaignit de tout son cœur. Quant à moi, je jetai fréquemment des regards nerveux pour repérer un éventuel anthropoïde échappé de sa cage. Enfin, nous arrivâmes devant l'enclos des gorilles. Ils étaient paisibles tous les deux, en train de s'épouiller mutuellement. Je restai tout de même à distance respectable, à la surprise de ma compagne. Elle m'adressa des paroles d'encouragement et, comme je ne peux rien lui refuser, je finis par m'approcher. Le gorille mâle se balançait à une branche d'arbre, un peu trop près à mon goût. Ma petite amie me prit par le bras et m'amena le voir. Le singe me regarda fixement. Je me rappelai avoir lu quelque chose là-dessus : était-ce le tigre ou le gorille qu'il ne fallait jamais quitter des yeux? Dans le doute, je fixai moi aussi l'animal. Grosse erreur : chez les gorilles, comme je l'appris plus tard, c'est un signe de défi ! Il m'attrapa de sa main gigantesque et m'emporta dans son enclos. Je criai à l'aide. Des visiteurs partirent en chercher, tandis que d'autres assistaient ébahis au spectacle. Le singe se trouva un gros rocher, sur lequel il s'assit. Il me passa sous son bras, tourné vers l'arrière, me maintenant par la taille dans cette position. Il arracha ensuite mon pantalon. Oui, je dis bien « arracher » ! J'ai entendu les coutures craquer et la fermeture éclair se fendre. Le gorille jeta au loin mon vêtement. Mon caleçon subit le même sort. Je réalisai soudain que pour la seconde fois, la fiction devenait réalité. Il claqua puissamment mon postérieur nu. Je peux vous dire qu'une fessée de gorille, ce n'est pas tendre ! Sous son bras, je ne pus voir les visages des gens qui me regardaient, mais j'entendis des murmures apeurés et quelques rires juvéniles. Chaque coup m'ébranlait tout entier et me faisait pousser des plaintes déchirantes. Mon derrière était en feu, quand le gorille se leva et m'emporta tel une poupée de chiffon vers son arbre. Il en coupa une branche souple, dont il enleva les feuilles avec les dents. Puis, de cette baguette, il me fouetta copieusement les fesses. Ce fut encore plus douloureux que la première fessée. Me débattre sembla courroucer encore plus l'anthropoïde, qui me frappa d'autant plus fort. Je pleurai de douleur et de peur. Enfin, un gardien de zoo arriva avec un fusil. Il me cria :

« Je vais l'endormir avec une fléchette hypodermique. Surtout, restez où vous êtes !

_ Et où vous voulez que j'aille, bordel ? », arrivai-je à répondre entre deux coups de badine.

L'homme visa, tira, et une fléchette se planta dans l'épaule du gorille. Ce dernier frappa de moins en moins fort, avant de finalement s'écrouler au sol... et sur moi, par la même occasion. On vint me tirer de là et je pus sortir de l'enclos, cul nu, les fesses rouges, mon pantalon et mes sous-vêtements lacérés inutilisables.

Le jour suivant, je fis venir mon meilleur avis pour savoir ce qu'il penserait de tout ça. Je lui expliquai toute l'histoire. Après les yeux ronds et les doutes sur ma sobriété auxquels je m'attendais en racontant quelque chose d'aussi incroyable, mon ami voulut voir mes E-mails et le site de l'AFH. Un nouveau commentaire m'était arrivé, concernant l'histoire du gorille, toujours venant de Vilain-garçon2000 :

« Ce message a été envoyé par un lecteur depuis le site des Archives de la Fessée entre Hommes à l'auteur: Webman.

C'est tellement mal écris que je n'ai rien compris. Des histoires pourries comme ça polluent le site ! Tu ne veux pas te lancer dans le saut à l'élastique sans élastique, plutôt ?

Vilain-garçon2000.

_ C'est pas très sympa, comme message ! commenta mon ami.

_ Je m'en fiche un peu, tu vois ? L'important, c'est que ces histoires envoyées sur le site finissent par devenir vraies. Ce n'est pas une coïncidence, pas quand je me découvre un petit frère l'espace d'un quart d'heure et qu'un gorille vient me choper dans sa cage pour me flanquer une fessée !

_ Allez, tu peux me dire la vérité, à moi... c'est toi qui les as écrites ?

_ Je te dis que non !

_ Okay, ne t'énerve pas ! C'est juste que... tu sais, si ça t'intéresse...

_ Si quoi m'intéresse ?

_ Les fessées ! Mes fesses sont à ta disposition. Tu n'as qu'à demander !», termina-t-il en m'adressant un clin d'œil.

Je sentis les coins de ma bouche se retrousser sur un sourire hystérique. Je pris mon ami par le col et le flanquai à la porte. Je retournai à mon ordinateur en m'efforçant d'ignorer les cris qui venaient de l'autre côté de la porte :

« Si tu veux que ce soit moi qui te la donne, c'est pas grave, ça me plait aussi ! ».

Je réfléchis à nouveau à la situation. Une idée me vint : et si j'essayais d'écrire une histoire ? Après tout, l'auteur se faisait bien passer pour moi, alors pourquoi ne pas marcher sur ses plates-bandes ? De plus, si tous les récits devenaient réalité... Sans attendre, j'ouvris un fichier texte et écrivis quelques pages. A ma grande déception, mon style était effectivement aussi horrible que celui de mon homologue. Plusieurs fois, j'insistai sur le fait que je ne recevrais plus aucune fessée de ma vie. Je racontai aussi comment je gagnais des millions au loto et sortais avec un top model russe. Bref, j'écrivis tout ce qui me faisait plaisir, en espérant qu'une fois encore, le miracle se reproduirait. C'est avec joie que je retournai sur le site. A côté d'un dessin représentant un bonhomme en bâton recevant une fessée dans une position improbable, je vis ce que je cherchais : « Soumettez une nouvelle histoire. ». Je cliquai sur cette phrase et une fenêtre apparut, me demandant mon pseudo et mon mot de passe. J'étais embêté. Quel code avait bien pu utiliser ce Webman ? Et si... c'était le mien ? Tellement de choses incroyables s'étaient déjà déroulées que je me dis que ce n'était pas impossible. J'entrai mon code, celui que j'utilise pour le Net, puis je validai. Sans surprise, il fut accepté. Suivirent deux écrans expliquant comment envoyer son histoire, comment la mettre au bon format, et même, peut-être parce qu'on ne faisait pas beaucoup confiance aux auteurs sur ce site, comment l'écrire... Je suivis les instructions et mon récit fut envoyé à l'équipe de l'AFH.

Plusieurs jours s'écoulèrent sans qu'aucune réponse ne me parvienne. Je reçus par contre d'autres commentaires, pas plus flatteurs que ceux du vilain garçon de l'an 2000. Enfin, après une semaine de patience, je vis arriver le message tant attendu. Et alors...

« Comment ça, refusée ? Qu'est-ce qu'elle a mon histoire ? ».

A la réflexion, c'est vrai que mon histoire ne contenait nulle scène de fessée. J'avais suffisamment été explicite là-dessus : plus de fessées, jamais. C'était sans doute pour cette raison que mon récit n'avait pas été accepté. J'aurais pu en écrire une avec juste une petite punition et enchaîner avec une scène où je trouvais dix millions d'euros dans mon armoire, mais je me refusais à provoquer un nouvel évènement embarrassant pour moi, même pour tout l'argent du monde. Je ne connaissais pas exactement la nature du pouvoir de ce site. Plus tard, un autre message me parvint : Webman s'était décidé à écrire la troisième partie de « Ma vie en fessées ». J'allai la lire. Cette fois, les icônes indiquaient (oh, misère !) une fessée à coups de ceinture, dans un cadre judiciaire (qu'est-ce que ça voulait bien dire ?), le tout en étant attaché. En tout cas, j'allais devoir éviter la police pendant un certain temps. A ce moment-là, la sonnette se fit entendre. Je partis ouvrir la porte et tombai nez à nez avec... un crocodile en train de jouer du saxophone ! Non, je plaisante. J'aurais aimé que ce soit le cas, mais non : c'était un policier. Dès l'instant où j'avais entendu la sonnette, je m'étais douté que l'histoire allait se réaliser.

« Bonjour, police nationale. Etes-vous monsieur...

_ Ne dite pas mon nom, je vous prie ! Je tiens à ce que le personnage principal de cette histoire reste anonyme.

_ Comme vous voudrez ! Vous n'avez pas payé votre amende pour mauvais stationnement, je dois donc vous remettre cette convocation au commissariat. ».

Bien sûr, je n'ai pas de voiture, mais je commençais à avoir l'habitude : si Webman avait écrit que j'en avais une, elle devait sans doute se trouver effectivement quelque part. Sans doute avec un gorille au volant et mon petit frère qui n'existait pas à l'arrière...

« Bon, d'accord, on ne va pas tourner autour du pot plus longtemps. Cette fessée, je vais la recevoir au commissariat ou c'est vous qui allez me la donner tout de suite ?

_ C'est vous qui voyez.

_ Super ! On s'y met maintenant, d'accord ? J'ai autre chose à faire.

_ Content de voir que vous êtes coopératif ! ».

Nous nous dirigeâmes jusqu'au salon. Je baissai pantalon et slip, puis me couchai bien sagement sur le ventre par-dessus l'accoudoir du sofa. Le policier détacha sa ceinture et la plia en deux. Je fermai les yeux et me préparai mentalement au premier coup. Lorsqu'il arriva, ce n'en fut pas moins très douloureux. J'eus beau serrer les dents, je gémissais de plus belle à chaque claquement du cuir sur ma peau. L'agent me fouetta longuement les fesses. La chaleur et la douleur devinrent vite insupportables. Toutes les secondes, un autre coup de ceinture m'était infligé. Je me fis violence pour rester passif. Je me demande comment des gens peuvent fantasmer sur ça ! C'est humiliant et ça fait très mal... bon, si on aime ça, je ne dis pas, mais quand même ! Bande de tarés. Je demandai :

« Vous comptez AIE m'en donner encore OUILLE beaucoup ?

_ Autant que le montant de l'amende, qui s'élevait à 90 euros. Il vous reste encore 75 coups à recevoir, monsieur. ».

A cette seule phrase, je me mis à pleurer. Le policier n'en fut pas affecté et continua sa besogne. Au bout d'un moment, je ne pus résister à me protéger d'une main. L'agent sortit ses menottes et m'attacha les poignets dans le dos, avant de reprendre la fessée. Je criais, pleurnichais, me débattais. Il frappa encore longtemps avant de s'arrêter. Mes fesses me faisaient si mal que le simple fait de me relever me parut tout à coup insupportable. Le policier m'enleva les menottes, puis déchira la convocation sous mes yeux. Je le remerciai et l'accompagnai jusqu'à la porte en remettant mon pantalon. Une fois l'agent reparti, j'éteignis mon ordinateur : inutile de voir ce que Webman avait écrit ! Je venais juste de le vivre.

J'avais désormais une dent contre cet auteur, ce voleur de pseudo, bien que tout semblait faire croire que c'était moi. Le lendemain, je décidai de contacter les responsables du site pour leur demander d'effacer le compte de Webman. Cependant, le son d'un nouvel E-mail retentit. Je soupirai : les commentaires étaient toujours dépréciateurs et les messages me signalant qu'une autre histoire était acceptée ne m'apportaient que des ennuis. C'est à cette dernière catégorie qu'appartenait le courrier reçu. « Ma vie en fessées : partie 4 » était arrivée. Las de tout ça, je cliquai sur le lien et me rendis sur le site des Archives de la Fessée entre Hommes. Je n'étais pas au bout de mes surprises. Je regardai les icônes à côté du titre :

« Fessée à la main, au martinet, à la canne... C'est de pire en pire ! Fessée domestique. Ah ! Au moins, ce ne sera pas en public, comme au zoo. Et ça, qu'est-ce que... NOM DE DIEU !».

Les deux dernières icônes indiquaient « relation sexuelle » et... « lavement » !

« Ah, non ! Pas question ! Je ne vais pas me laisser faire, cette fois ! ».

Paniqué autant que furieux, je naviguai sur le site, à la recherche d'un lien qui me permettrait d'effacer cette histoire avant qu'elle ne se réalise. J'entendis une porte s'ouvrir. Pourtant, mes parents ne devaient pas revenir avant ce soir ! Est-ce que c'était... Je me mis à chercher plus rapidement. Un bruit spongieux me parvint, comme si on traînait par terre une serpillière trempée. Une voix éraillée s'éleva :

« Qui a besoin d'une bonne fessée ? ».

Je pianotai et cliquai frénétiquement. Sur le forum, j'obtins enfin l'information que je cherchais. Je fis plusieurs retour en arrière, jusqu'à trouver sur la page d'accueil un lien intitulé : « Gérer votre compte ».

« Et qui va avoir un lavement à la sauce piquante ? », continua l'horrible voix.

Je cliquai. Une page s'ouvrit, avec plusieurs options. Je trouvai enfin la bonne : « supprimer une de vos histoires ». Je cliquai, choisis « Ma vie en fessées : partie 4 » et supprimai. Alors que le site faisait les opérations nécessaires, je priai pour que mon stratagème fonctionne.

« Haaa ! Te voilà, méchant garçon ! », s'exclama la voix, juste derrière moi.

Une fraction de seconde après, mon écran afficha un message m'informant que mon histoire avait été supprimée avec succès. Je me retournai lentement. Plus personne ne se dressait devant moi. Je profitai de cette accalmie pour supprimer toutes les autres histoires de Webman et envoyai finalement un message pour éliminer définitivement mon compte. Pendant les jours qui suivirent, je fus anxieux, mais je n'eus pas longtemps à attendre avant de voir ma requête acceptée. Le nom de Webman fut rayé de la liste des auteurs. Je décidai tout de même de changer de pseudo, afin que plus jamais une chose pareille ne se reproduise. Et à ce jour, c'est le cas.


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