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Master Domi ou l'étrange convocation

by Fabrice Martin

Copyright on this story text belongs at all times to the original author only, whether stated explicitly in the text or not. The original date of posting to the MMSA was: 20 Jan 2017


Turbulents ou désobéissants, comme de vrais gamins qui se respectent, nous eûmes la chance mon frère et moi, surtout de l’âge de dix ans jusqu’au seuil de notre adolescence, d’être quelquefois – trop rarement sans doute ! – corrigés par nos parents. C’étaient alors des scènes mémorables. En vacances, surtout, père nous imposait des devoirs à faire, des problèmes de calcul qui ne nous inspiraient que répulsion et sur lesquels, à cause de notre mauvaise volonté, nous séchions interminablement des matinées entières. Ces lamentables séances se terminaient souvent tragiquement dans les cris et dans les pleurs et c’est, perdus d’avance, qu’après avoir bravé toutes les menaces nous finissions par tourner autour de la grande table de la salle à manger, essayant de nous dérober aux lanières du martinet. Vêtus comme nous l’étions alors d’un simple short en toile ourlé plus haut qu’à mi-cuisse, voire même dévêtus, le torse nu et en slip de bain, nous apparaissions comme des proies évidentes, vulnérables à l’envi. Après quelques minutes de course vaine, à bout de souffle, et complètement épuisés par la terreur qui nous gagnait, pour finir il fallait nous rendre et livrer nos jambes graciles et hâlées à la morsure des coups, frappes d’autant plus cinglantes que notre entêtement avait contribué à déclencher plus intensément les foudres paternelles. Par bonheur, tôt ou tard, rappelant vers nous la clémence, nous savions que mère interviendrait de peur que ne se prolongeât au-delà du supportable une correction, dont nos cuisses suffisamment ornées de zébrures et de griffures montraient déjà la belle ampleur des effets obtenus !

Charmantes années évaporées, ce n’est pas sans une certaine tendresse que je me plonge dans votre souvenir !

Les corrections étaient en somme assez rares mais d’autant plus effrayantes par leur soudaineté. Issues de quelque mouvement de colère parentale, elles avaient, me semble-t-il, le grave défaut de l’improvisation maladroite, ce qui gâchait un peu la chose. Aussi, par la suite, combien de fois n’ai-je pas rêvé d’une saine et bonne correction programmée plusieurs jours avant et administrée à froid, dans le calme et avec méthode !

A cet égard, 1989 fut véritablement pour moi une année révolutionnaire. Poussé par je ne sais quel démon à mener des investigations dans les revues coquines, je tombais par hasard sur une annonce dont les premiers mots en anglais révélaient cependant tout leur sens par ceux qui les suivaient, exprimés en français, lesquels n’eurent point de peine à enflammer mon imagination : Male Spanking Club – Fessées donnée, reçues dans la bonne humeur et la convivialité – Pour prendre contact, écrire à cette adresse...

Fustigé par cette lecture, les fesses déjà prêtes, je sautais sur l’occasion et tâchais aussitôt de m’informer. Il n’y avait plus une minute à perdre. Dans la plus grande fébrilité, je composais ma lettre. Nous étions déjà à la fin du mois mars et, surpris par une vague de chaleur quasi estivale, c’est vêtu de mon fidèle mini-short en jean que, prenant mes jambes à mon cou, je me hâtai jusqu’à la poste centrale pour expédier ma lettre : une lettre dont je ne doutais pas qu’elle aurait une réponse tant j’avais déjà pris soin, dans un élan libérateur de ma plume, d’y détailler des fantasmes endormis. D’en tracer les contours.

Les jours qui suivirent furent pour moi tout simplement l’enfer, marqués par l’attente cruelle d’une réponse. Je guettais sans relâche les passages du facteur. La lettre espérée me parvint, pourtant, relativement vite et son contenu dépassa largement mes espérances. C’était vraiment tout ce dont je rêvais. La lecture du règlement intérieur m’ensorcela littéralement. Sans hésiter, je décidai d’adhérer à cette société d’un genre nouveau, dans la catégorie dite des fessés, par goût naturellement, mais aussi pour garantir, pensais-je, mes chances d’admission. Je me figurais, en effet, que la qualité de fesseur devait se mériter, tandis que le degré, si j’ose dire, plus modeste de fessé, désignait une première étape nécessaire pour la plupart des novices, et que, pour cette raison, on le leur attribuait presque automatiquement.

Début avril 89 : pour mon plus grand bien je fus admis. Je pus également me convaincre que ma requête avait été soigneusement étudiée par le bureau car je ne tardais pas à recevoir une convocation signée Master Domi. La convocation disait à peu près ceci mais ne laissait aucune place au doute : Tu as mérité des fessées comme le méchant garçon que tu es. Cette situation doit être régularisée. Tu es invité à prendre contact rapidement pour ta punition [...]. L’expression même de cette lettre brève fit sur moi une impression des plus vives. Le ton en était courtois mais en même temps impératif comme s’il n’y avait rien à discuter. J’y étais a priori considéré comme puni et il ne m’appartenait pas d’en comprendre les motifs. Je dus la relire plusieurs fois pour m’assurer que je ne rêvais pas : non, il était bien écrit que je devais recevoir des fessées.

Ce pluriel m’intriguait : il y en aurait donc plusieurs ? Ne voulant point courir le risque d’indisposer mon éducateur en prolongeant exagérément le délai de réflexion, il me fallut vaincre mes hésitations pour empoigner le téléphone le lendemain soir qui était un vendredi. J’étais partagé entre des sentiments contraires, à la fois très impatient de voir se concrétiser l’événement de la punition et un peu honteux d’avoir à me plier à cette étrange démarche.

Une voix me répondit aussitôt : c’était Master Domi, alors trésorier de cette étrange société. Après m’être identifié, je lui indiquai avoir pris connaissance de la convocation, et que j’étais prêt pour le rendez-vous qu’il voudrait bien fixer à la date de son choix. Ce serait dimanche après-midi à partir de 15 heures. Flûte, j’avais déjà prévu une randonnée ce jour-là. Que faire ? Je me gardais bien d’invoquer quelque raison qui pût lui paraître une échappatoire. C’était mon problème, pas le sien. Je trouverais bien un arrangement. Je répondis que c’était d’accord. Il m’expliqua qu’il avait l’habitude de corriger plusieurs punis au cours d’une même séance et me demanda si cela me gênerait d’être fessé dans ces conditions. Quelle prévenance de sa part !

Au contraire !, lui répondis-je, faisant valoir que la punition devait être encore plus crédible infligée collectivement.

Donc c’est OK pour dimanche confirma Master Domi. A-t-il, n’a-t-il pas prononcé la formule magique : Prépare tes fesses !, honnêtement je ne saurais le dire.

Dimanche arrive. Je me suis organisé pour concilier les deux impératifs : randonnée le matin, fessées l’après-midi. C’est un programme serré mais je tiens à le respecter.

Vraiment, quel bonheur que de marcher avec ce groupe de garçons si sympathiques ! Parfois nous bavardons, le plus souvent nous sommes silencieux, contemplant les merveilles de la nature. Sans problème, au-delà des premiers regard d’étonnement, ils m’ont accepté tel que j’étais avec mon accoutrement de boy-scout improvisé, que ne font pas reculer les fraîcheurs externes : culotte de velours beige, taillée à mi-cuisse, et chaussettes montantes dans le même ton. Ils sont prévenus : je devrais, vers les treize heures, faire demi-tour et les abandonner ; rentrer sur Paris où m’appelle une importante obligation. Heureusement, nous sommes partis très tôt et, pour le moment, en leur compagnie, je savoure notre chance, en ce printemps naissant, de pouvoir prendre assez bonne distance avec la capitale, serait-ce le temps d’une matinée durant laquelle, gorgés d’air pur et vivifiant, l’esprit libre et le cœur léger, nous nous engageons sur des sentiers de grande randonnée à travers bois et champs nouvellement habillés de vert tendre. Dans la joie partagée, peuvent-ils seulement deviner, ces aimables compagnons, le petit souci qui me travaille, si secrètement ?

Déjà j’ai pris le chemin du retour et, seul à présent, j’ai tout loisir de méditer sur les motifs de ma punition, dont se rapproche l’échéance : perspective, hélas, trop certaine. Dans le train, puis dans le métro qui me ramènent infailliblement vers mon destin, j’aurai beau essayer de m’abstraire, de fermer les yeux, je ne parviendrai pas à me détendre tout à fait, impuissant à gommer de mon esprit l’appréhension qui l’oppresse et qu’aggrave encore la peur d’être en retard, chose à éviter par-dessus tout, sous peine... mais de quoi au juste ? De me valoir de mauvais points supplémentaires ?

Enfin voici la porte. Tout ne dépend plus maintenant que d’un coup de sonnette. J’approche mon doigt, non je le retire, je recommence une fois, deux fois, trois fois. Ah ! Mon Dieu, quelle angoisse ! Vais-je appuyer ? En aurai-je le courage ? Il est encore temps de rebrousser chemin.

Tant pis c’est fait. La porte s’ouvre et j’ai l’heureuse surprise de découvrir l’imposante silhouette d’un homme jeune, à en juger par le visage poupin, à l’abord plutôt sympathique quoique teinté de la réserve nécessaire au maintien de l’autorité, dont la large carrure, évoquant celle d’un champion de lutte ou d’un moniteur spécialiste des arts martiaux, indique immédiatement à qui vous avez affaire et à quoi vous vous engagez. En un sens, c’est rassurant.

Il est peut-être, quant à lui, surpris de voir apparaître un freluquet en culotte courte. Même si, depuis plusieurs décennies, les joggers et autres coureurs dominicaux ont accoutumé les citadins à la vision du short sur les trottoirs, cela interroge encore beaucoup de personnes qu’on ose ainsi l’arborer, avec encore plus d’effronterie, au cœur de l’hiver ou à la mi-saison. Je fais valoir que j’étais, le matin, en randonnée et que j’ai dû venir directement chez lui. Mais changeons de sujet, c’est un détail et ce genre de justification, à l’évidence, ne lui importe guère. Après l’échange des poignées de mains dont la sienne, chaude et forte, est un renseignement de plus sur ses capacités opérationnelles, il m’invite à pénétrer.

Autour d’un verre de bière, nous conversons près d’une demi-heure fort agréablement sur tout ce qui se rapporte au goût étrange ayant engendré le motif de notre rencontre. J’avoue savourer la station assise après ces heures de marche matinale, laquelle enfin offre à mes jambes l’occasion de se détendre, et me met en état de mieux recevoir ses arguments alors qu’il me présente le club, ses activités, ses perspectives d’évolution. Je lui fais part de mon enthousiasme. Mais est-ce bien nécessaire ? J’ai peut-être trop parlé de mon fantasme car, se levant soudain, il me dit sur un ton qui n’appelle aucune protestation : Bon, on y va ?

Après la théorie, les travaux pratiques. Je commence à me changer. Non, reste comme tu es, me dit-il. Je lui indique avoir apporté des vêtements de sport plus légers, mieux adaptés. Si tu veux, approuve-t-il, et sans plus tarder j’enfile des petites socquettes blanches pour dénuder mes mollets, un polo à manches courtes de couleur jaune et un petit short de facture Adidas, blanc, à bandes vertes, d’aspect satiné, échancré sur les côtés. Le short est vraiment craquant et je vois bien, au regain d’intérêt luisant dans ses yeux, que le maître-fesseur en est à présent complètement convaincu.

Le pire donc est imminent, mais je suis prêt. Avec une naïve inconscience, ayant perdu après tant d’années tout sens de ce que peut être la réalité d’une fessée, je me laisse conduire docilement face au mur. Quand j’y repense, la gaucherie de mon attitude devait être à la fois désarmante et excitante. Il m’ordonne : Mains sur la tête ! Ça, vraiment, je n’y aurais pas pensé, c’est trop amusant et je ne peux m’empêcher d’esquisser un petit sourire. Comme je tourne légèrement la tête en la baissant pour essayer de voir derrière moi ce qu’il s’apprête à faire, ma position n’est plus correcte et il doit me rappeler à l’ordre sur un ton plus sévère : J’ai dit : mains sur la tête ! Compris ?

Allons, n’interférons pas, c’est préférable ! Le mieux c’est d’obéir et de le laisser faire à sa guise. D’ailleurs, il commence à repérer le terrain, remontant avec ses mains le long des jambes, encerclant les cuisses, et contournant le fessier sous toutes ses rondeurs. Assurément ces caresses liminaires ont la vertu de détendre le puni et de provoquer de sa part une réaction de confiance, qui doit l’emporter sur la crainte. Master Domi soigne cette introduction. En praticien exercé dans l’art de fesser, il veille à ne brûler aucune étape, particulièrement s’il s’agit d’une première fois

Je savoure ces explorations manuelles qui pourraient se poursuivre indéfiniment si elles n’étaient à présent, de temps à autre, entrecoupées d’une petite claque comme pour rompre la monotonie qui menaçait de s’installer. Oh ! Ce ne sont que de petites claques, méchantes pas vraiment et encore assez rares, qui tombent ça et là parmi les caresses, en goutte à goutte, oserais-je dire, sur l’une ou l’autre cuisse. Grâce à elles, mon appréhension s’estompe puis disparaît, et insensiblement je me prête au jeu, somme toute plutôt agréable à ce stade. Malgré moi mon corps se détend, s’offrant davantage à la progression des claques dont la fréquence augmente à mesure qu’elles atteignent la base des fesses et celles-ci, surprises mais réjouies, font connaître, par d’imperceptibles frétillements, qu’elles consentent à ces travaux d’approche. Loin de me représenter l’averse qui surviendra dans quelque temps, j’ai alors la naïveté de croire que ma peau de jeune adulte, suffisamment endurcie, pourra facilement supporter l’épreuve de la fessée. Une fessée ne peut faire mal qu’à des enfants, mais à moi ? Ça m’étonnerait ! En tout cas, je me l’imagine encore : quelle illusion !

En effet, qu’est-ce qui prend à Master Domi, pourquoi soudain s’emballe-t-il ? Voilà que les claques se font plus nombreuses, plus rapprochées, et certaines sont déjà plus cuisantes. Involontairement mon bras droit se baisse comme pour tenter de parer le coup prochain cou mais il n’aura pas la permission d’aller plus loin car, vigilant, Master Domi rectifie sur le champ la position : Allons, on se calme et on remet bien gentiment sa main sur la tête, ordonne-t-il sans se fâcher mais avec une fermeté incontestable. Dit comme cela, non sans une pointe d’affection, on n’a vraiment aucune raison de désobéir ! Et on ne bouge pas, ajoute-t-il.

Pas bouger, pas bouger ! Plus facile à dire qu’à faire, je voudrais bien l’y voir, lui, dans la même position...

Mais non, mon cher, tu t’égares, n’essaie pas d’inverser les rôles !, me souffle à l’oreille mon ange gardien. Tu t’es mis toi-même dans cette situation ? Eh bien, aie le courage de l’assumer... jusqu’au bout, comme un grand ! Heureusement, Master Domi n’a rien entendu, d’ailleurs comment le pourrait-il ? Il est bien trop absorbé pour le moment.

Quant à mes tendres fesses, les voici sur le chemin progressif d’une exposition à l’air libre, car l’opiniâtre main du maître fesseur, en s’introduisant au niveau des échancrures latérales de la culotte sportive, a vite fait d’en remonter au plus haut le soyeux tissu pour découvrir, moulées à point, les rotondités qu’il convoitait depuis longtemps. A l’aide de sa main gauche, il fait même exprès de tirer, avec la plus franche énergie, sur les pans arrières du short, les ramenant au milieu, vers la fente qui sépare les deux globes charnus ; accentuant la prise de façon à me donner l’humiliante impression, quoiqu’en même temps jouissive par les sensations de volupté qu’elle induit, d’être saisi par la peau des fesses, tandis que sa main droite prend son envol pour châtier, avec une ardeur réveillée et désormais croissante, les tendres chairs fraîchement dénudées. La fessée qui se poursuit est à présent plus accentuée ; je prends conscience que ne suis pas venu pour rien, car des claques plus appuyées tombent avec plus de fréquence. Il se confirme donc que l’on quitte résolument les rivages de la gentille fessée d’initiation, laquelle n’était encore qu’un apéritif.

Aussi, me prenant par la nuque, il m’entraîne avec lui vers la chaise préparée pour la suite des événements et, une fois assis, me fait basculer sur ses genoux qu’il écarte volontairement pour stabiliser la position. Mon corps, plongeant légèrement en avant pour permettre à mes bras de prendre appui sur le sol dans un équilibre favorable à la suspension de mes jambes vers le haut, doit ainsi faiblement peser – du moins, je le suppose – sur celles de mon fesseur. Avec une fermeté elle-même modulable en fonction de mes éventuels mouvements intempestifs, Master Domi peut, au moyen de son bras gauche, enserrer mon torse pratiquement de l’aisselle à la taille, selon une prise relativement souple qui maintient mon fessier dans un champ de tir on ne peut plus idéal pour sa main droite. A une nouvelle pluie de claques, et vigoureuse et brève, succède la première pause-caresses ; c’est un moment si délectable, qu’on aimerait voir se prolonger, mais, impatiente, la main de Master Domi agrippe déjà l’élastique du joli short pour le baisser. Rouge de confusion, je coopère cependant, me cambrant de mon mieux pour lui permettre de le faire glisser et de l’arrêter à la hauteur des genoux.

Déculotté, je suis déculotté ! Mon Dieu, qu’est-ce qui m’arrive ? Et voilà qu’il enlève aussi mon petit string blanc qui, pourtant, ne cache pas grand-chose ! C’est pas vrai, non, c’est incroyable, j’ai les fesses complètement nues, c’est vraiment la honte ! Mais je n’ai pas le temps de me laisser aller à ces considérations car les claques ont repris, plus ardentes que jamais.

Il y a déjà dix bonnes minutes que Master Domi me fesse ainsi avec l’acharnement qu’on lui connaît quand il est bien lancé, lorsque je suis pris d’une crise de fou rire tout à fait incompréhensible car, dans la situation où je suis et compte tenu de l’intensité croissante de la fessée, il n’y a vraiment pas matière à plaisanter. Mais c’est plus fort que moi, je ne puis m’arrêter. Ah, tu trouves ça drôle ?, demande Master Domi. Bêtement, je réponds que non, tout en riant plus fort encore, ce qui n’est pas fait pour le convaincre car cela l’engage à renforcer la sévérité de sa frappe. Et plus il continue de m’infliger de nouvelles claques, plus je pars d’un nouveau fou rire. C’est infernal et j’en ai presque une crampe à l’estomac.

Parfois, la fessée s’arrête ou semble s’arrêter et je me crois autorisé à me lever, mais je suis retenu par Master Domi qui me fait aussitôt comprendre qu’il ne s’agit encore que d’une fausse sortie, toute momentanée, et tandis que, par de savantes caresses par moi très appréciées, il s’emploie à procurer à mes fesses violentées des impressions délicieuses de calme réparateur, il m’annonce avec la tranquille fermeté d’un natif du signe du taureau : Non, non, non, pas encore, ta fessée n’est pas terminée !

D’ailleurs, la réaction ne se fait pas attendre et bientôt je dois me rendre à l’évidence. Une nouvelle tempête de claques se déchaîne, beaucoup plus appuyées que les précédentes, dans le but de me persuader qu’une vraie fessée n’est pas seulement une distraction de quelques minutes faite pour amuser passagèrement le touriste en quête d’aventures insolites, mais une expérience essentiellement douloureuse, devant conduire quiconque est destiné à la subir à méditer profondément sur les fautes plus ou moins graves commises par lui et qui ont justifié le recours à ce genre de méthode

Une fessée de Master Domi dure rarement moins d’une demie heure, quand ce n’est quarante ou quarante-cinq minutes ! De sorte qu’on peut avoir l’impression qu’elle ne finira jamais.

Dans ces conditions, le plus dur, c’est d’aller jusqu’au bout d’une fessée, dont précisément on ne voit pas le bout ! Et je ne sais comment je puis encore supporter toutes ces nouvelles séries de trente, quarante ou cinquante claques, dont chacune, annoncée comme devant être la dernière, repart facilement à zéro au moindre signe d’impatience ou de protestation de ma part. Quelquefois Master Domi m’oblige à compter les claques, et si, volontairement ou non, j’ai le malheur de sauter quelques marches, il faut également tout reprendre dès le commencement.

Étant donné mon agitation grandissante et la difficulté que j’éprouve à retenir mes mains de tenter de protéger le théâtre des opérations, Master Domi se croit obligé d’utiliser les menottes malgré la promesse que je lui fais de me tenir plus tranquille à l’avenir. Au terme d’une discussion relativement brève, il parvient à me convaincre de cette nécessité et c’est finalement plus docile que je lui présente mes mains.

Master Domi tient promesse. Les battements reprennent plus actifs que jamais, ils dureront encore près d’un bon quart d’heure ponctué parfois, de ma part, d’un : Oh, mais ça fait mal !, au demeurant de peu d’effet et tout à fait impuissant à décourager l’entêtement de mon fesseur, lequel n’acceptera de me libérer qu’une fois mes tendres fesses copieusement rougies, et non sans m’être acquitté pour quelques minutes, de la traditionnelle mise au piquet, à genoux et mains sur la tête, slip et short au niveau des chevilles.

Suivra alors la récompense inattendue, l’extraordinaire dégagement de chaleur s’irradiant des fesses en feu, l’impression de détente et de bien-être qui en résulte, véritable révélation ! Puis ce désir étrange et si déconcertant, connu seulement de ceux qui en ont fait l’expérience, de recevoir d’urgence une nouvelle correction quand les fesses d’elles-mêmes la réclament, impérieusement.

Il y aura encore, ce même après-midi mémorable, deux ou trois grandes fessées, dont les effets cuisants se prolongeront dans mon corps pendant quelques jours. Et ce premier dimanche sera lui-même suivi d’autres dimanches non moins ornés de fessées... Joyeuses, marquantes, inoubliables !

Mais ce que je sais aussi, c’est qu’aucune fessée, fruit de dévouement d’autres mains sévères, reçue par la suite en plus d’une occasion que j’aurai suscitée, ne parviendra à me procurer la sensation d’enchantement, rare, singulière, absolument unique, associée à l’étrange expérience de cette convocation, première pour moi sur ce terrain d’aventures, et qu’aucune lui succédant, quoique de même nature, ne m’en rendra le goût.

Ce goût à jamais déposé dans ma mémoire, qui en émane si spontanément, au détour d’une promenade dans le jardin secret, chaque fois que j’ose m’y laisser guider à nouveau par le pouvoir de l’évocation.
 

1997 – 10 janvier 2017


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