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Qui bene amat, bene castigat

by Jean-Jacques

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Depuis mes années d’écolier, où j’avais eu des rêveries si ardentes et prégnantes à propos des fessées que j’avais reçues par l’un de mes maîtres d’école, je me demandais quel plaisirs comparables je pourrais savourer une fois devenu adulte, et trop grand pour être fessé moi-même. Certes, assister à des fessées données à d’autres était agréable, mais cela n’arrivait que rarement. En devenant père de famille, j’aurais pu en donner à ma progéniture, mais je m’étais interdit de mélanger plaisir érotique et affection paternelle. Il m’est arrivé de donner la fessée à des femmes, et le spectacle de leurs fesses nues ainsi que la fessée elle-même ne sont pas déplaisants, mais il y manque l’exquise émotion de la honte qui compte tant pour moi. Quand mes enfants furent grands et eurent quitté la maison, j’envisageais de devenir enseignant afin de pouvoir donner libre cours à mon innocente manie, jusqu’au jour où je découvris un article dans un dictionnaire :

fesseur, euse n. (de fesser ; 1549, R. Estienne). Celui ou celle qui fesse, qui est porté à fesser. adj. (1808, d’Hautel). Vx. Frère fesseur, dans certains collèges religieux, frère qui était chargé de fesser les élèves punis.

fesseur masculin
Celui qui fesse, ou qui aime à fesser.

fesseur, fesseurs,
fesseuse, fesseuses.

Je ne résistai pas à l’envie pressante de consulter les entrées des mots de la même famille :

fessée n. f. (part. passé fém. substantivé de fesser ; 1526, Bourdigné). Série de coups donnés sur les fesses, en général à un enfant : Je veux dire à ce Denisseau qu’il n’a qu’à donner une bonne fessée à sa fille ou à la mettre sous clef (France).
 

fesser v. tr. 1. Battre, donner des coups sur les fesses avec la main ou à l’aide d’un fouet, de verges. Fesser un enfant (Ac.). Fesser des enfants indisciplinés.
(Quasi-)synon. Fouetter les fesses. Cinq soirs, dix soirs ramenèrent la même taquinerie, et ma mère montra bien qu’elle était une mère singulière. Car elle ne fessa pas l’obstiné, qui espérait peut-être qu’on le fesserait (Colette, Sido, 1929, p. 136).
Rousseau, fessé d’un bras pervers, fut heureux de cette infortune, et le bon endroit c’est l’envers! (Muselli, Ball. contrad., 1941, p. 105) :

... la plupart de ces manouvriers et de ces ménagères sont probes et respectueux du bien d’autrui. Ces sentiments leur ont été inculqués dès l’enfance par leurs père et mère qui les ont suffisamment fessés, et leur ont fait entrer les vertus par le cul. (Anatole France).
On claquait, fessait, privait de promenade, enfermait à la maison (Cocteau).

fessecul n. m. (de fesse, forme du v. fesser, et de cul ; 1585, N. Du Fail, au sens de maître d’école qui fesse souvent ;

Je n’aime guère le mot fessecul, trop grossier à mon goût. Mais Frère fesseur ! voici quelle est ma vocation, me dis-je aussitôt, et ce fut comme une révélation. Celui ou celle qui fesse, qui est porté à fesser. Frère qui est chargé de fesser les élèves punis. Quelle belle et noble mission !

Restait à trouver un établissement où cette méthode était appliquée. Quelques recherches me furent nécessaire pour en trouver un : une école religieuse, qui admettait les garçons de la 6ème jusqu’au bac. Le dépliant de présentation indiquait que la discipline était stricte et les punitions traditionnelles, avec un mot des parents en début d’année pour autoriser les enseignants à employer les sanctions qu’ils jugeraient bonnes, y compris des châtiments corporels mesurés.

Je postulai donc pour un emploi de concierge-homme-à-tout-faire, factotum, pour parler de façon un peu précieuse, présumant que cet emploi devait certainement comprendre la fonction de fesseur. Je remplis un questionnaire assez détaillé, m’inventant un personnage de catholique pratiquant, aux opinions conservatrices, dénué de toute attirance pour la bagatelle. Je fus admis ensuite à un entretien, où un homme grave, vêtu en clergyman, m’expliqua doctement que des châtiments corporels étaient encore appliqués dans son établissement.
— cependant, me précisa cet excellent homme, tous nos professeurs ne sont pas doués de la même vigueur. Par ailleurs, certains ont parfois les nerfs un peu fragiles devant nos petits galopins et il est à éviter qu’ils ne se montrent trop emportés en les corrigeant. Aussi dois-je vous informer que, si vous êtes admis, il sera dans vos attributions d’appliquer ces corrections sur ordre des maîtres.
— je n’y vois aucun inconvénient, mon Père, acquiesçais-je sans ciller. C’est de cette façon que j’ai moi-même été éduqué, et je pense marcher sur le droit chemin grâce à cette méthode. Cependant, pouvez-vous me préciser en quoi consistent ces châtiments corporels ?
— nous n’en pratiquons qu’un seul, me répondit le Recteur. Au Collège Saint Joseph, quand les pensionnaires se conduisent mal, on les fesse, quel que soit leur âge. Les garçons, petits ou grands, sont fessés devant leurs camarades. Nous n’employons pas la cane, comme dans les collèges anglais. C’est un instrument qui blesse trop cruellement la peau. Les fessées sont donc appliquées le plus souvent à la main. Pour les pensionnaires les plus âgés, il arrive cependant que nous utilisions des verges, que vous aurez à confectionner avec les arbustes du parc. Mais le cas n’est pas fréquent.
— puis-je me permettre une question, mon Père ?
— je vous écoute.
— y a-t-il une salle réservée à l’application de ces corrections ?
— non. Vous garderez en permanence un téléphone portable, au moyen duquel les professeurs vous appelleront dans leur classe en cas de besoin. Il arrive également que la fessée soit administrée au réfectoire ou dans la cour, devant tout le collège. Mais vous en serez informé – si votre candidature est retenue, bien entendu. Ah oui, encore un détail. La honte est aussi importante que la douleur physique. Par conséquent, aucune fessée n’est administrée par dessus le pantalon.
Vous déculotterez systématiquement, et de préférence de manière à ce que les témoins aient une vue parfaite de la correction. Ceci dans le but de faire réfléchir leurs camarades aux conséquences d’une mauvaise conduite. Avez-vous encore des questions ?
— non, mon Père.
— dans ces conditions, je vais vous demander de me suivre dans la classe du Père Trochard. Il souhaite faire corriger l’un de ses garnements, et je voudrais me rendre compte par moi-même si vous saurez fesser correctement.
— je vous suis, mon Père.

Il se leva et passa devant moi pour m’ouvrir la porte, avant de me conduire dans un long couloir. Sur le côté gauche, des vitres à hauteur d’épaule permettaient de voir des classes studieuses. Le Recteur s’arrêta à la quatrième et ouvrit la porte.
Le prêtre chargé d’enseigner avait une soixantaine d’années. C’était un homme de haute taille, calme et imposant. Sur le tableau, des phrases en anglais indiquaient la matière enseignée ce jour-là. Tous les élèves s’étaient levés à l’entrée du Recteur. Celui-ci demanda :
— eh bien, Père Trochard, vous avez besoin de nos services ?
— oui, Père Recteur. Voici un jeune homme qui se dissipe quand j’écris au tableau, répondit l’interpellé en désignant un élève au piquet devant le tableau en question.
— bien, approuva le Recteur. Eh bien, Monsieur, montrez-nous ce que vous savez faire, me dit-il d’un air sévère. Vous allez fesser ce garnement. Combien de claques, Père Trochard ?
— je pense que 20 seront nécessaires et suffisantes.
— bien. Approche, jeune homme, et défais ta blouse ainsi que ta ceinture, que l’on te fesse d’importance.

Le garçon, âgé d’une douzaine d’années, un blondinet plutôt dodu, s’approcha après avoir posé sa blouse sur le dossier de sa chaise. Rouge de confusion, il défit sa ceinture comme il lui avait été ordonné. C’est donc que je devais le déculotter moi-même. C’était un examen d’aptitude et je n’avais pas droit à l’erreur. Le visage grave, j’attirai le puni vers moi et le ployai sous mon bras gauche.
La ceinture étant débouclée, ma main droite n’eut pas de mal à écarter les deux côtés de la braguette et à descendre par secousses le pantalon, jusqu’aux mollets, avant de faire suivre le slip. Je tiens à descendre les culottes très bas, car il me semble que, lorsqu’elles ne sont descendues que juste sous les fesses, l’effet sur la pudeur est moins intense. Sentir que ses culottes arrivent aussi bas donne une sorte d’irrévocabilité à la déculottée. Mais, en général, je ne fesse pas sur les cuisses, même ainsi exposées. La fessée, c’est sur les fesses.

Penché comme il l’était, le gamin nous exposait deux fesses blanches et rondes, bien fendues, auxquelles je ne laissai pas le temps de s’ennuyer. Je décidai de compter les claques dans ma tête, n’ayant reçu aucune consigne à ce sujet. Une, deux, trois, je fessais avec régularité, au tempo d’une claque par seconde environ. Ma main, doigts serrés et légèrement en cloche, s’appliquait avec vigueur alternativement sur chaque fesse, produisant un claquement clair à chaque impact. Il ne faut pas, pendant une fessée, que la main arrive un tant soit peu en porte-à-faux, produisant alors un son un peu étouffé, comme une coup de fusil qui fait long feu. Cela doit produire un beau son clair, comme des applaudissements. C’est pour cela qu’il faut viser avec soin la fesse qui va recevoir la claque.
Quand il s’agit d’un derrière un peu plus gros que celui d’un enfant, il faut également veiller à répartir la rougeur sur toute la surface des fesses. J’étais concentré sur ma tâche, résistant à l’envie de regarder si des sourires furtifs naissaient sur les visages des autres élèves et des deux religieux. Au bout d’une dizaine de claques, le gamin se mit à se tortiller et je dus assurer ma prise, avant de continuer la fessée sur un postérieur qui prenait des belles couleurs carminées. Je m’arrêtai à 20, comme prescrit, et relâchai mon étreinte.

— retourne au piquet, ordonna le Recteur. Bonne continuation, Père Trochard.

Nous regagnâmes le bureau du Recteur.
— bien, dit-il. Je pense que vous ferez parfaitement l’affaire. Vous avez fessé ce garnement comme si vous n’aviez fait que cela toute votre vie. C’est le cas ?
— non, mon Père. Mais j’ai suffisamment été fessé moi-même pour connaître la façon de procéder.
— Outre vos travaux d’entretien et de jardinage, vous aurez quelques fessées à administrer, en moyenne une par jour. Mais évidemment il y a des journées plus chargées, me dit-il comme en s’excusant.
J’étais resté impassible.
— Autre condition importante. Vous êtes croyant, naturellement ?
— Oui, mon Père.
— Catholique ?
— Oui, mon Père.
— Vous serez dispensé de ma messe matinale, mais vous irez à la grand-messe tous les dimanches, et vous devrez communier. Et, pour cela, vous confesser le samedi en fin d’après-midi auprès de notre doyen, le Père Trochard, que vous venez de rencontrer. Pas d’objection ?
— Non, mon Père.

Je rentrai chez moi, un peu rêveur. Le Père Trochard me rappelait l’un des instituteurs que j’avais eu jadis, à l’école primaire. Si j’aimais à fesser, c’est, comme je l’avais confié au Père Recteur, que j’avais été fessé moi-même. Mais ces fessées, loin d’être de mauvais souvenirs, revenaient agrémenter mes rêveries nocturnes d’avant-sommeil. Il est embarrasant de s’expliquer, mais je me dois de le faire pourtant.

Mon instituteur préféré – celui dont le souvenir était le plus vivace dans mon esprit – se nommait Monsieur Cagnon. C’était une homme dynamique, généralement de bonne humeur, et qui aimait à fesser. Il ne fessait en réalité guère plus d’une fois par mois, mais c’est la relative rareté de ces fessées qui en accroissaient l’intensité. Comme j’étais d’un naturel espiègle, je fus fessé plus souvent qu’à mon tour. Mais, si je reçus la première correction avec une appréhension proche de l’angoisse, je me soumis bien volontiers aux suivantes. Au contraire, j’éprouvais une grande affection pour Monsieur Cagnon, acceptant ses sentences avec humilité, car elles étaient toujours justifiées. Par ailleurs, nul geste scabreux ne vint jamais se mêler à ces fessées, toujours administrées en public. Ce que j’aimais à me rappeler, c’étaient des fessées, et rien d’autre que des fessées. Bien entendu, nous étions déculottés à chaque fois, pour notre plus grande honte. Mais que le maître nous déculotte faisait partie de la punition, tant pour la honte éprouvée par l’élève ainsi déculotté que pour la crainte que cela inspirait aux nombreux témoins. J’avais un sentiment très vif de la pudeur et que mes fesses soient ainsi exposées à tout le monde provoquait en moi une émotion énorme. J’ai reçu une ou deux fessées sur la culotte, je dois confier que je les trouve... fades.
La fessée ainsi appliquée, sur mes fesses nues, en était également beaucoup plus cuisante, mais cette douleur n’allait pas jusqu’à me dégoûter, pour parler ainsi, de la fessée. Je ne la cherchais pas volontairement, mais je l’acceptais de bonne grâce et j’y repensais avec beaucoup de contentement ému.

Monsieur Cagnon ne se contentait pas d’appliquer des fessées, de bonnes fessées, même, il savait admirablement nous mettre en appétit, si j’ose dire. Par ses mises en garde, prononcées d’une voix à la fois autoritaire et aimable, quand il nous disait :
— Est-ce que tu veux que je fasse venir l’autre classe et que je te déculotte ? Tu veux que je te fesse devant toute l’école ? Tu vas recevoir une fessée, sur tes fesses ! Une bonne fessée !
et surtout :
— viens ici, que je te déculotte ! viens ici, que je te fesse devant toute l’école !

Je fus ainsi déculotté et fessé sans doute une douzaine de fois par Monsieur Cagnon pendant mes années d’école primaire. C’est là que j’appris comment bien fesser un garnement. Je ne reçus plus la fessée au collège, mais j’eus la délicieuse surprise de la recevoir à nouveau dans une colonie de vacances, en Alsace, à l’âge de douze ans. La méthode fut inaugurée par l’un des moniteurs, et rapidement adoptée par l’ensemble de ses collègues ainsi que le directeur et les femmes de service. En l’espace de trois semaines, de nombreuses fessées furent ainsi appliquées, toujours après que le puni eut été dûment déculotté devant tous ses camarades. Aussi bien les moniteurs que les femmes de service affichaient de bons sourires à chaque fessée, échangeant à haute voix des réflexions édifiantes comme :
— ça leur fait du bien, une bonne fessée !
— quand j’étais gamine, à chaque bêtise, on y avait droit ! et devant tout le monde !
— ils sont bien plus vexés quand on les déculotte !
— bravo, les moniteurs ! on les fesse !
J’eus ainsi le plaisir secret d’être déculotté trois fois, la première année. Je me portai volontaire pour retourner dans la même colo, à l’âge de treize ans, et je fus à nouveau fessé, pour mon plus grand bien. Mais, malheureusement on ne prenait pas d’enfants de quatorze ans. Ce furent mes dernières fessées...
Ainsi je dus grandir et me faire une raison de ne plus subir ce chatiment si ambigu. J’étais nostagique, presque triste, à l’idée de ne plus être déculotté comme pendant mon enfance, et fessé d’importance devant tout le monde...

Aussi, quand j’eus l’occasion de devenir fesseur dans cette école religieuse, je pris cela pour une chance inespérée. À défaut de recevoir ces fessées que je regrettais tant, j’allais, en en appliquant moi-même, les revivre, en quelque sorte